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LES AVIONS

LES AVIONS

LES AVIONS  

Les Avions est un groupe de synthpop français. Il est formé en 1980 et dissous en 1992. Issus du courant new wave, ils connaissent le succès avec quelques tubes pop et ont développé, au fil de leurs albums, un univers où les mélodies d’un optimisme beatlesien croisent des influences funk. Après quatre albums et des centaines de concerts, le groupe se dissout en 1992, après un dernier spectacle à Saint-Pétersbourg à l’occasion du Festival des nuits blanches.

Biographie

Débuts

En 1979, Jean-Pierre Morgand, chanteur et Jean Nakache, guitariste, fondent Brain Trust (groupe d’experts). L’un suit des études dans une école d’art, l’autre dans une école d’ingénieurs. Ils sont rejoints pour un temps par Pierre Sonigo, un biologiste moléculaire qui joue du synthétiseur, puis par Jérôme Lambert à la batterie un étudiant en histoire de l’art qui pratique les percussions et Patrice Brochery à la basse et aux choeurs . Le groupe se rebaptise les Avions, un nom français pour des « jeunes gens modernes. » , les Avions jouent au Rose Bonbon et au Gibus.

Dans Rock & Folk, Jean-Éric Perrin, chronique un concert autoproduit au Théâtre Le Ranelagh et écrit : « Les Avions me font penser aux Feellies, un brin funky, un brin acide, ils ont pour eux une technique sans faille de l’humour et un swing de bon aloi. »

Succès critique

Le disque est enregistré en 1982 et sort à la fin de l’année sur le label indépendant Underdog. Le succès critique est excellent. Sur France Inter, Bernard Lenoir déclare : « Enfin un groupe français digne de ce nom, je l’ai trouvé, il s’appelle les Avions ; tout est sublime, même la pochette… ».

La presse rock est aussi enthousiaste, citant XTC et Talking Heads. Trio, le 45 tours, passe sur les premières radios libres. La face B est une reprise de Twist and Shout dont le riff est joué à la flûte à bec, avec un solo citant Je t’aime moi non plus de Gainsbourg. L’album a une diffusion confidentielle et les bandes master brûleront dans l’incendie du studio d’enregistrement, faisant de ce premier album un collector. Les Avions font leur première tournée en France et en Corse, ils organisent à Paris des concerts avec Modern Guy et Les Amants, au cinéma le Saint Lambert avec les Rita Mitsouko et Orchestre Rouge, ce soir là la salle est envahie par des punks prêts à tout casser, le concert est interrompu par la police.

Fanfare

Après une période de remise en question musicale, le bassiste Patrice Brochery quitte le groupe pour « Les Hommes du Monde » un groupe plus rock. Il sera remplacé par Pierre-André d’Ornano. En 1985, le funk devient une influence importante. Au retour d’un voyage à Lisbonne où ils passent leurs nuits en boîte, les Avions enregistrent trois démos. Parmi les chansons, Nuit sauvage que CBS/Sony signe immédiatement. Le titre sort et fait un flop. Pierre-André, le bassiste, quitte le groupe et retourne à ses études.

Ce n’est qu’à l’été 1986 que les radios passent la chanson qui devient finalement un hymne, restant 19 semaines classée au Top 50 français. Les Avions préparent un album pour CBS/Sony, de leurs répétitions naît l’idée d’un concept album entre pop et funk où les arrangements de cuivres un peu naïfs donnent une unité sonore à l’ensemble. Le titre est explicite : Fanfare. Sylvain Pauchard, musicien et ingénieur du son, va utiliser des claviers et synthétiseurs de toutes époques et contribuera à la couleur très particulière de cet album, réalisé comme le premier par Raphaël Gimenez-Fauvety. Fanfare, la chanson titre du disque, évoque les insomnies du chanteur provoquées par le marathon promotionnel qui suit le succès de Nuit sauvage. François Gorin écrit dans Télérama à propos de cet album : « Menacés d’être changés en chair à Top 50, les garçons voulurent soigner l’ouvrage et dans les largeurs. Il y avait un concept à la Sgt Pepper revu XTC : Fanfare. La course à l’hélicon perdu, le revers des abus de synthé. Et que ça sonne fort, profus, naturel. Triste et joyeux, désespérément gai. »

Sur la grande scène des Transmusicales de Rennes, où ils ont été invités par Étienne Daho, les Avions interprètent pour la première fois Tombe la neige, troisième single de l’album Fanfare, une chanson nostalgique qui évoque les souvenirs de l’enfance, mai 68 et les premiers pas de l’homme sur la Lune. La face B est un clin d’œil à Revolution 9 des Beatles. Le morceau est un collage sonore évoquant un jeu télévisé que la distorsion et les cris de mouettes rendent quasi-inaudible. Be Pop, autre single extrait de Fanfare, revendique ce terme de pop que les Avions utilisent depuis longtemps et qui devient alors à la mode en France.

Dans Rock & Folk, Alain Gardinier écrit « Les Avions sont pop sur toute la longueur : celle des manches de leurs chemises bariolées et de leurs sillons abreuvés de son pétillants. Les Avions ne sonnent comme personne et personne ne sonne comme les Avions. Ne passez pas à côté de cet album magique ». Le cinéaste Olivier Assayas fait appel aux Avions pour composer la musique que les personnages de son film Désordre – un groupe de rock maudit – interprètent sur la scène du Gibus. La chanson It’s for you figure sur la B.O. du film. Le thème central du film inspirera à Jean-Pierre Morgand une chanson sur la fin d’un groupe, intitulée elle aussi Désordre. Elle figurera sur le troisième album des Avions.

Loin

En 1988, après avoir beaucoup tourné en France, le groupe a envie de réaliser un album plus simple dans sa forme, leur maison de disques met des moyens ambitieux à leur disposition. Ce troisième album est enregistré live au studio plus 30 à Paris et dans une Hacienda près de Barcelone avec le studio mobile « Le voyageur ». Le mixage a lieu à New York au studio Shakedown d’Arthur Baker. Joe Barbaria est à la console (Talking Heads, Joe Jackson, The Cars). Le son de l’album est ample, très « américain », comme en témoigne le premier single Tous ces visages. C’est un succès, mais le titre suivant Désordre déconcerte les fans du groupe, l’ambiance crépusculaire est plus proche des Doors que de la pop qui a fait la notoriété des Avions. La mésentente avec leur maison de disques provoque une crise. Sony casse le contrat des Avions, le groupe commence une traversée du désert.

4

En 1991, après une tournée qui les mène jusqu’à Bucarest, les Avions s’enferment dans leur studio parisien et travaillent un an à la conception d’un album-concept : La Véritable Histoire de Jaz Papillon. Une trentaine de chansons sont composées avec l’idée de réaliser une sorte d’opéra Rock à la Tommy. Le projet est abandonné, mais l’album aux arrangements très soignés gardera des traces de cette ambition initiale.

Sorti en 1992, le spectre musical de 4 va du rock (PlainesMountains) au Funk (Papillon), en passant par les balades (Des jardins et des roncesScottish opéra). Y figure même un instrumental (Arabhymne). On retrouve des fidèles du groupe comme le trompettiste Yvon Guillard déjà présent sur Fanfare, ou Sylvain Pauchard aux claviers. À la sortie du disque, Olivier Cachin écrit : « La mélancolie qui pèse sur ce quatrième album (criante sur Certains soirs) fait craindre pour le futur de ce groupe, si le succès populaire ne vient pas frapper l’un de ces onze titres de sa baguette magique et capricieuse ». Malgré des critiques favorables, le disque ne trouve pas son public. Après une dernière série de concerts en Russie, le groupe se dissout officiellement en 1992 après un ultime concert à Saint-Pétersbourgà l’occasion du Festival des nuits blanches.